• Le Malheur du bas

    Le Malheur du basLe Malheur du bas
    Inès Bayard
    Albin Michel - 2018
    9782226437792

    Résumé éditeur :    « Au cœur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. » 
    Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.
     

    Mon avis : Ce premier roman est comment dire ? Percutant, terrifiant et extrêmement prenant. Par là, j'entends que ce livre m'a rendu malade, que je me suis dépêchée de le finir pour arrêter de mal dormir et d'être accro à un roman aussi flippant et horrible dans son propos. Le ton est donné dès la première page lorsque l'auteure nous décrit que le jeune fils de famille n'a pas eu le temps de finir sa compote tant le poison a rapidement agit et qu'en gros toute la famille est retrouvée morte avec le mari dans un état grave autour d'un repas qui semblait somme toute fort plaisant. Que sait-il passé pour en arriver là ? Ce début m'a fait pensé à "Chanson Douce" qui est un peu construit de la même manière mais en terme de comparaison, j'ai trouvé "Le malheur du bas" plus abouti dans son ensemble. Ici aussi l'écriture de l'auteure est maîtrisé et nous happe dans un cercle infernal qui après cette scène d'ouverture démarre sur l'envie de Marie d'avoir un enfant avec son mari. Cette jeune femme, à l’abri du besoin et plutôt épanouie dans sa vie quotidienne commençait une journée pleine d'entrain et de belles perspectives d'avenir. Et puis un brusque revirement de situation, une rencontre, va tout changer... Marie se fait sauvagement violer en bas de chez elle sans rien pouvoir faire (et si vous pensez que comme dans "Chanson Douce" les faits sont expliqués implicitement... grossière erreur... ). Si seulement son mari était venu la chercher, et si  tout ça n'était pas arrivé ? Marie décide de ne rien dire, elle a mal et doit pour cela souffrir à nouveau pour n'éveiller aucun soupçons à son mari... Seulement voilà, quelques mois plus tard, la merveilleuse nouvelle arrive : elle est enceinte. Pour la jeune femme, cet enfant ne peut être de Laurent, il est forcément de son violeur. Alors que tout le monde autour d'elle célèbre la nouvelle, elle n'a qu'une envie s'en débarrasser. Et pour essayer elle ne va pas manquer d'occasions... Comme je vous le disais ce roman est sombre et extrêmement dérangeant. Car plus la jeune femme va tomber dans un puit sans fond plus elle va s'enfermer dans ce mutisme et préférer tout cacher à son mari plutôt que de la parler de ses doutes...
    Tout est du point de vue de Marie et autant vous allez détester tout ce qu'elle va se faire et faire à cette enfant mais en plus il vous sera impossible dans cette ambiance malsaine de lui en vouloir, car dans son cas comment savoir comment nous-même réagirions ? Plus les jours passent, plus Marie doit continuer à maintenant les apparences, celles de son rapport à cette enfant qu'elle hait et dont elle atteint à la vie plusieurs fois sans jamais réussir à continuer son geste jusqu'au bout mais également celles vis à vis de son mari, qu'elle va délaisser complètement d'un point de vue charnel et moral car jugé en parti responsable de tout ça... Mais comme tout secret, les faits vont la rattraper jusqu'à commettre l'irréparable plutôt que de tout avouer à son entourage...
    Ce premier roman qui n'est définitivement pas pour les parents et âmes sensibles reste fort et durablement marquant pour moi. C'est mon premier gros coup de cœur de cette rentrée littéraire alors j'espère qu'il sera dans quelques sélection de prix car il vaut le détour malgré le sujet ! Roman dont la sortie est prévue mercredi.

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