• Toutes les choses de notre vie

    Toutes les choses de notre vieToutes les choses de notre vie
    Sok-Yong Hwang
    Traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet
    Philippe Picquier - 2016
    9782809711660

    Résumé de quatrième de couverture :  Gros-Yeux a quatorze ans lorsqu'il arrive avec sa mère dans l'immense décharge à ciel ouvert de Séoul. Là vivent pas moins de deux mille foyers, dans des cahutes accrochées au flanc de la montagne d'ordures, en une société fortement hiérarchisée dont le moindre aspect - travail, vêtements, nourriture, logement - provient des rebuts du monde extérieur.
    Gros-Yeux se lie d'amitié avec un garçon disgracié, un peu simple d'esprit, qui lui fait découvrir les anciens habitants du site, ou plutôt les esprits bienveillants, lorsque l'île de la décharge était encore une terre vouée aux cultures agricoles et aux cultes chamaniques. Car ce sont les êtres démunis, abandonnés des hommes, enfants, marginaux, infirmes, qui entretiennent la mémoire de ce qui n'est plus, l'étincelle du vivant là où tout se périme et se corrompt. Ils communiquent avec l'invisible, un monde où
    tout respire et vit ensemble.
    Hwang Sok-Yong ne donne pas de leçons, non, il donne à voir. Des imges se lèvent et ne nous quittent plus. À l'opposé d'une logique marchande où les choses sont destinés à une rapide destructions, ces images nées du pouvoir des mots ne s'altèrent pas, continuent à briller dans notre imaginaire.

     

    Mon avis : Cet assez court roman dénonce clairement notre société actuelle celle qui fait de nous ce que l'on achète. En effet, nous suivons la vie d'une mère et son fils obligés d'aller travailler dans la plus grande décharge de Séoul pour mieux gagner leur vie. Ici point d’apitoiement on est presque à la limite du roman d'apprentissage puis qu'en plus d'apprendre le travail il faut surtout s'approprier les règles d'une vie collective régie par plusieurs secteurs et strates de hiérarchie. Mais au de-là de tout ça ce qui m'a profondément touché c'est ce côté nostalgique que l'on sent chez notre adolescent qui est le personnage principal mais surtout sur cette fameuse île : l'île aux fleurs. D'abord terre prospère d'agriculture elle est, lorsque le narrateur y vit, une immense décharge abandonnée par la vie moderne. Elle accueille tous les laissés pour compte de la vie urbaine que l'on parle d'homme ou de déchets crées par l'homme. On peut presque dire que c'est elle le centre du roman et que Gros-Yeux n'est présent que pour nous permettre de la découvrir. C'est bien écrit et même si le contexte de fonds ne plaira surement pas à tout le monde c'est une très belle œuvre. Elle dénonce à sa façon mais nous propose aussi une autre voie à la limite du fantastique qui permet de montrer la face passé et présente de ces lieux déchirés entre passé et modernité. Je vois en lisant encore cet auteur que c'est un thème très cher à son cœur surtout lorsqu'on lit la post-face et que l'on apprend que lui-même a vécu quelques années sur l'île aux fleurs avant qu'elle ne soit réquisitionnée pour être une décharge. Cette histoire qui pourrait alors paraître fictionnelle prend tout son sens et rien que pour ça elle vaut le détour.

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